
Votre FAI en sait plus sur vous que Google
On s'inquiète beaucoup de Google, Meta et Amazon — mais votre fournisseur d'accès à internet se trouve en dessous de tout ça, à regarder les tuyaux par lesquels passe toute votre vie numérique.
Dans son analyse sur la manière dont les FAI vous pistent, Proton montre qu'en HTTPS votre fournisseur voit encore les domaines visités, les horaires, la durée des sessions, le volume de données, votre localisation approximative et les appareils du foyer. Cette visibilité couvre les smart TV, box de streaming, téléphones, consoles et objets connectés — pas seulement le navigateur.
Un rapport de la FTC de 2021 sur les pratiques des FAI a établi que les grands opérateurs combinent navigation, usage d'apps, télévision et localisation en temps réel pour bâtir des profils publicitaires — parfois dans des catégories sensibles comme l'origine ou l'orientation sexuelle. « Votre FAI en sait plus sur vous que Google » n'est pas un slogan.
Le virage politique qui a dopé la surveillance FAI
En 2016, la FCC américaine avait adopté des règles obligeant les FAI à obtenir un consentement explicite avant de vendre certaines données. En 2017, le Congrès a utilisé le Congressional Review Act pour abroger ces règles, et TechCrunch a résumé la conséquence : les FAI ont désormais toute latitude pour monétiser l'historique de navigation.
Ce recul, combiné à la fin de la neutralité du net, a transformé la collecte FAI en « course vers le bas ». Le risque décrit dans ce guide n'est donc ni théorique ni futur — c'est la conséquence directe d'une décennie de choix réglementaires.
Traqueurs de navigateur vs traqueurs de réseau : deux couches, deux risques
La plupart des articles privacy visent la couche applicative : cookies tiers, pixels de suivi, fingerprinting. On y répond avec un navigateur privé et des extensions comme uBlock Origin.
Votre FAI vit à la couche réseau. Même page en HTTPS, il voit encore les domaines de destination, les horaires, le volume et l'appareil qui parle. Sauf DNS chiffré (DoH/DoT), les requêtes DNS classiques transmettent aussi ces noms en clair — et la navigation privée ne change rien à cela.
Les outils navigateur bouchent le haut de la pile. Votre FAI journalise toujours les routes en dessous.
Au-delà des URLs : Wi-Fi sensing et visibilité domestique
Le guide Proton pointe une nouvelle dimension : le Wi-Fi sensing, où le routeur analyse les rebonds d'ondes pour détecter présence et mouvement à l'intérieur du logement. Des travaux académiques montrent qu'on peut identifier des schémas de mouvement, voire une respiration, en conditions contrôlées. Certains FAI déploient déjà cette fonctionnalité sur des dizaines de millions de foyers.
C'est une capacité au niveau du routeur, invisible pour vos extensions de navigateur.
Pourquoi un VPN corrige la couche que la plupart des outils ignorent
Un VPN chiffre votre trafic avant qu'il ne quitte l'appareil et le route via un serveur VPN. Résultat : votre FAI ne voit plus, en gros, que votre communication avec le serveur VPN — pas chaque site ni chaque app. Les requêtes DNS voyagent dans le tunnel, et les métadonnées de connexion deviennent opaques.
Les applis Proton VPN sont open source et auditées, avec un chiffrement de bout en bout entre l'appareil et les serveurs Proton, et un routage multi-saut Secure Core pour les scénarios à risque. La visibilité passe d'un opérateur peu régulé à un fournisseur qui limite techniquement et juridiquement ce qu'il peut savoir de vous.
NetShield : combler la brèche « réseau » qu'un adblock laisse ouverte
La plupart des adblocks vivent dans le navigateur. NetShield, le bloqueur DNS de Proton VPN, agit une couche en dessous : il refuse simplement de résoudre les domaines connus pour la pub, les traqueurs ou la malveillance — pour toutes les applis de l'appareil, pas seulement pour un navigateur.
- Couverture réseau : navigateurs, jeux, apps natives, smart TV, IoT.
- Gain de performance : moins de données téléchargées, chargement plus rapide sur les sites saturés de pubs.
- Vie privée mesurable : le panneau NetShield affiche en temps réel les pubs, traqueurs et malwares bloqués.
Tunnel VPN + NetShield = trafic caché à votre FAI, surveillance et malware coupés au niveau DNS pour toutes les applis.
Proton Mail : sécuriser la couche « boîte mail » que Big Tech exploite encore
Même si votre FAI ne lit pas le contenu HTTPS de vos e-mails, le fournisseur qui héberge votre boîte, lui, le peut. La plupart des services classiques stockent vos messages en clair et se réservent le droit de les scanner « pour améliorer le service ».
Proton Mail inverse ce modèle. D'après l'article Proton sur le chiffrement des messages, tous vos e-mails et pièces jointes sont stockés en chiffrement sans accès Proton ; les échanges entre comptes Proton Mail sont chiffrés de bout en bout, et vous pouvez envoyer des messages protégés par mot de passe aux non-Proton. Une réponse à une menace que le VPN, seul, ne peut pas traiter.
Proton Drive : un cloud que votre FAI et Big Tech ne peuvent pas lire
Le stockage cloud est l'autre angle mort. Votre FAI voit vos synchronisations, et le fournisseur a souvent accès à vos fichiers. Proton Drive est conçu autrement : chiffrement côté appareil, stockage sans accès Proton, noms de fichiers et miniatures inclus. Les liens de partage peuvent être protégés par mot de passe, l'infrastructure est hébergée dans des juridictions respectueuses de la vie privée.
Combiné à un VPN, la synchro elle-même devient invisible pour le FAI, et le contenu, invisible pour le fournisseur.
Transformer l'angoisse FAI en montée en gamme privacy
La logique est simple : commencez par les données dont la fuite ferait le plus mal, puis fermez la couche réseau que votre FAI contrôle.
- Adoptez un e-mail chiffré européen pour empêcher le scan côté serveur.
- Passez à un stockage cloud chiffré de bout en bout pour vos documents sensibles.
- Ajoutez un VPN respectueux de la vie privée pour retirer vos routes du profil comportemental de votre FAI.
- Complétez avec un gestionnaire de mots de passe pour éviter les fuites en cascade.
- Suivez la saga Chat Control et écrivez à vos représentants.
- Lisez aussi notre analyse de l'interdiction française des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans pour voir comment la vérification d'âge amplifie ces mêmes risques FAI.
« Votre FAI en sait plus sur vous que Google » n'est pas un slogan — c'est une invitation à reprendre la main, couche par couche.